Cocréer avec les enfants – Act 2

Les résultats obtenus lors de la première expérience séance de cocréation avec les enfants nous ont motivés à continuer l’aventure! Les deux dernières semaines, nous les avons impliqués dans la cocréation d’un jeu vidéo qui permet d’améliorer l’efficacité d’une réunion d’équipe à distance.

Le jeu permet in fine la configuration d’un tableau kanban, outil classique de management visuel, né au Japon chez Toyota au lendemain de la seconde guerre mondiale. L’utilisation de cet outil s’est largement diffusée au fil des ans dans d’autres méthodologies, comme les méthodes agiles, et peut être utilisé aussi bien au travail qu’à la maison.

Fidèles adeptes du learning by doing, nous avons commencé par utiliser un tableau kanban avec eux, avec deux activités principales : un parcours de coding pour kids, qu’on est en train de faire avec eux pendant cette période de confinement, et le projet sur lequel on les a impliqué (dans la photo ci-dessous, les étoiles correspondent aux activités de cocréation avec eux).

Premier hack des enfants quand on leur a expliquer le tableau Kanban et le sens des différentes colonnes : la colonne « on hold » a été renommée en « bug » ! Voici toute la puissance d’un exercice ou l’on doit expliquer toutes les choses (comme) à un enfant.

Mais les enfants ont vraiment commencé à comprendre l’outil quand chaque matin on faisait le point de la veille et on déplaçait les post-it. Il fallait voir leur excitation quand il déplaçait un post-it dans la colonne « fait » et le faisait voir aux autres ! Ce qui en fin de compte est toute l’essence de cet outil si simple et si efficace. Ça a pris environ dix jours pour qu’ils prennent le réflexe de déplacer eux-mêmes les post-it à mesure qu’ils avancent – acceptation du changement finalement bien plus rapide qu’en entreprise!

Nous les avons ensuite embarqués dans l’élaboration d’un crazy 8, un des outils clés d’un design sprint, comme expliqué ici par les créateurs de la méthode. Après tout, le dessin, tous les enfants adorent ça, et on était sûr que ça aurait pris tout de suite. En effet, le crazy 8 consiste à exprimer un concept avec un dessin, puis de l’améliorer 7 fois de suite avec d’autres dessins, très rapidement, et après les partager aux autres.

On a dû s’y reprendre à quatre fois avant de trouver la formule gagnante. Premier constat, les alternatives n’allaient jamais au-delà de 4, il est donc devenu le crazy 4… Partir d’un croquis qu’on faisait nous n’a pas marché non plus, on limitait leur créativité, et ils finissaient par recopier 4 fois notre dessin. Les faires travailler seuls, pour ensuite montrer aux autres les résultats n’a créé aucun effet wow… et ils passaient beaucoup de temps à faire plein de petits détails à leurs dessins qui n’apportaient pas vraiment de valeur pour cet exercice.

Finalement, le crazy 4 a marché dans une approche cocréative dès le premier dessin (on y a aussi inclut des éléments de storytelling mais on en reparlera dans un prochain post). Chacun faisait un premier dessin, et tout le monde exprimait ce qu’il avait voulu faire et pourquoi. Puis on est tous reparti tous sur un second dessin qu’on s’est expliqué ensuite. Et c’est à ce moment précis que la sauce a prise. C’était tout simplement génial : sur le deuxième et le troisième tour, on est allé sur la lune! Au quatrième, on avait épuisé le stock d’idées nouvelles, et les meilleures ont été améliorées. Il était temps d’arrêter!

Mais à ce moment-là la guerre a commencé… Qui a fait le meilleur dessin? Bien qu’ils soient le fruit d’un exercice de cocréation ou chacun a contribué, cette question revient toujours… Est-ce un biais de la nature humaine de toujours tout ramener à soi?

C’est à ce moment-là qu’on a pris le pari dangereux de commencer à leur expliquer le concept des études de marché. En innovation et en marketing, ce n’est pas nous qui décrétons si une chose est valide ou pas, c’est le marché.

Alors voici un lien ou vous pouvez voter en une minute sur les meilleures idées (complètement anonyme). Nous, on croise les doigts pour que ce soit le dessin qui regroupe les idées de chacun qui soit voté… Au pire, ce sera vous les méchants, pas nous!