Cocréer avec les enfants – Acte 1

Comme vous le savez, la situation nous force à convertir nos solutions collaboratives d’accompagnement à la transformation numérique en expériences 100% en ligne. Ce vendredi, nous avions prévu un atelier au bureau pour justement redesigner l’une d’entre elles.

Et comme beaucoup de parents, nous avons appris jeudi soir après avoir couché les enfants, que le lendemain l’école serait fermée. Prendre une journée off n’étant pas une option sur la table, nous avons pris la décision de faire l’atelier à la maison.

Levés bien plus tôt pour organiser cette double journée garderie/travail, nous avons commencé avec (seulement) 40 minutes de retard l’atelier, nous dans une pièce, les enfants dans une autre, et la matinée a été, sommes toutes, assez productive.

Mais arriva ce qui ne pouvait qu’arriver… une fois les activités de coloriage, bricolage, jeux, dessins animés, épuisées, les enfants ont commencé à nous tourner autour, ennuyés mais aussi curieux de ce que nous étions en train de faire.

Récemment, un article sur la méthode Feynman avait retenu mon attention, et je m’étais fait la réflexion qu’il aurait pu être intéressant d’inclure des enfants à certains moments clés des processus de cocréation, quand par exemple on doit faire la synthèse du véritable problème à adresser avant de passer à la phase créative d’idéation de la solution.

Et c’est exactement là où nous étions rendus dans notre processus. Et pourquoi ne pas transformer une contrainte en opportunité? (Et puis entre nous, nous n’avions pas vraiment le choix).

Alors, nous avons passé en revue les points clés en les expliquant aux enfants. Cette expérience a été très concluante. Tous les termes techniques ont sauté, les messages rendus à leur essentiel, clairs comme de l’eau de roche, nous nous regardions avec des étoiles dans les yeux. Nous avons aussi été surpris de la simplicité et de la pertinence de leurs questions, empruntes de cette double dose d’innocence et de curiosité enfantines.

Nous nous sommes prêtés au jeu, et avons décidé de poursuivre avec eux l’étape suivante de l’atelier, surtout que la nature de l’exercice s’y prêtait assez bien, s’agissant d’une activité de cocréation avec des légos. Le résultat a été plus que bluffant, j’en ai encore la chaire la poule.

Oui, nous avons perdu du temps sur plusieurs aspects, mais de toute façon nous en aurions perdu tout autant, si ce n’est plus, à essayer de les canaliser et de les garder « sages » dans la pièce d’à côté.

En contrepartie, bien que déconnectés de nombreux aspects du problème que nous cherchions à résoudre, ils nous ont amenés vers d’autres avenues de réflexions très inspirantes, ils ont apporté des améliorations incroyables à nos propositions, et ont été une source de nouvelles idées tout simplement géniales.

La plus emblématique d’entre elles est sûrement l’idée de ma fille de 6 ans, dans cette solution qui vise à aider les équipes à se mettre d’accord à distance sur les priorités à adresser à très court terme pour faire face à la situation actuelle : et si, au lieu de leur faire gagner des points, ils gagnaient des rouleaux de papier toilette?

Et voici comment elle l’a représentée.

C’est décidé, ils vont faire partie de la solution. De toute façon, pas le choix, et vu comme c’est parti, ça risque de durer.

Leave a Reply Text

Your email address will not be published. Required fields are marked *